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«Bien, il n’y a pas de vraie urgence pour que le déménagement se fasse maintenant … on va attendre un peu.» Et  une chute est survenue. Un gros coup à la tête. Une mauvaise chute. Un séjour à l’hôpital trop long.

«Suite à la chute, la résidence qui était notre choix idéal, est-ce encore une option dans ce nouveau contexte? » La réponse est non. Si l’aménagement avait eu lieu avant la chute, l’environnent de cette résidence aurait fort probablement été parfait pour ce client.

Idéalement, le déménagement aurait eu lieu avant la chute. Je sais que personne n’est exclus de chuter et que la chute est fort probablement imprévisible. Peu importe l’âge. Je l’ai vécu moi-même la semaine dernière, croyez-moi, si mes réflexes avaient été au ralenti, mon visage ne serait plus le même et peut-être même la fin de ma vie quand j’ai trébuchée et tombée visage face au trottoir]. Pour un déménagement demain…oui planifions ça pour demain mais pas demain demain…un peu plus tard que ça, serait encore mieux.

Tout ce qu’on sait, c’est qu’aujourd’hui n’est pas la meilleure journée.

Qu’est-ce qui s’est passé pour que ça change aussi rapidement? Une journée, le choix de la résidence était parfait et quelques jours plus tard, ce choix ne tient plus. Le passage du temps.

Le temps a passé pour toutes les personnes impliquées. Ce n’est pas juste concernant une personne, dans cette situation, mon client. L’aîné prêt, ou considérant être prêt, à déménager a fait face à un changement subit dans son autonomie suite à sa chute. Du côté de la résidence, assurément elle peut offrir le soutien et les soins requis de mon client dans ce contexte. Cependant, la résidence accueille aussi des résidants qui exigent des soins. Les employés en sont presque qu’à leurs capacités maximales. Ils savent que leurs clients actuels vont requérir de plus en plus de soins. À partir d’aujourd’hui, la résidence se doit d’accueillir de nouveaux résidants plus autonomes.  

Ici, c’est beaucoup plus la réalité de la résidence, les besoins de leurs clientèles existantes et leurs employés, qui ont fait que « cette bonne option» est devenue « une mauvaise option ». Pour ces raisons, la résidence n’était plus en mesure d’accepter ce nouveau résidant, et non pas à cause de la légère perte d’autonomiede mon client. Le choix de l’un comme de l’autre, client vers résidence et résidence vers client se doit d’être gagnant pour chacun, sinon un nouveau déménagement devra être envisagé et ce n’est certainement pas le but visé, de part et d’autre.

En aménagement plus tôt, le nouveau résidant s’établit, se familiarise avec son nouvel environnement, crée ses routines et s’adapte au quotidien de la résidence et crée de nouvelles relations avec les employés et les autre résidants. Aussi, les employés se familiarisent et développent le plan de soins qui corresponde au tempérament et aux besoins du nouvel arrivant.  Dans ce contexte, mon client aurait ainsi pu revenir à la résidence, malgré sa chute.

Quand le projet d’un déménagement ver une résidence est repoussé, repoussé encore et encore plus loin, le temps fait son œuvre et peut jouer en défaveur de tous. De nouveaux aspects peuvent faire surface auxquels on n’a pas eu le temps de réfléchir.  

Il y une période favorable où le déménagement est optimal. Bien sûr, il n’y a pas de date spécifique comme la date de péremption sur un carton de lait, mais le meilleur moment d’un déménagement, c’est quand ce n’est pas trop tard et que l’autonomie est encore au rendez-vous.

Dans un monde idéal, le déménagement se fait avant un moment de crise quand la personne âgée a encore l’énergie de prendre ses décisions et de gérer ses affaires elle-même.  De plus, s’il y a un intérêt démontré pour une résidence spécifique,  le déménagement devrait se produire peu de temps après. Sinon, cette option ne sera peut-être plus une option lorsque la situation le requerra.

 Le temps qui passe joue parfois des tours. À tous. Pour mon client, ce tour c’est joué en moins de 3 mois après notre visite initiale.

Si hier est déjà passé, aujourd’hui est mieux que demain pour aller vers une résidence. Si la maison n’est plus une option quand il y a des pertes d’autonomie une résidence pourrait permettre le rapprochement  d’une  communauté qui est peut-être en ce moment éloignée de l’aîné. Personne n’a jamais dit que cette étape était facile. Je le sais. Et je le comprends pertinemment.