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Tout récemment, j’ai aidé un couple à déterminer ce qu’allait être la prochaine étape de leur vie. Tous les deux étaient en santé et âgés d’environ soixante-quinze ans. Ils voulaient discuter avec moi des possibilités suivantes : Voyager pendant six mois ? Vendre la maison ? Garder la maison ? Louer un appartement ? Acheter un condo ? Aller vivre en résidence ?

Le monde s’offre à eux avec une foule de choix à faire et de décisions à prendre qui paraissent  insurmontables.

Quoi faire en premier ? Vendre certains meubles ? Vendre tous les meubles et repartir à zéro ? Et si on décide de vendre la maison, quel genre de condo/appartement/résidence devrait-on visiter ? Dans quelle partie de la ville ? Ou peut-être même : dans quelle partie du monde ? S’occuper des passeports et de toute la paperasse pour quitter le pays pour de bon ? Par où faut-il commencer ?

De grandes questions. Celles-ci arrivent toutes en même temps et les empêchent de voir clairement la situation.

Ce qui est intéressant dans le cas de ce couple, c’est que pendant de nombreuses années la femme s’était fixée un but : passer la moitié de l’année loin de chez eux. Par contre, son conjoint concevait ce projet plutôt comme un simple rêve de sa part. Alors qu’elle est prête à faire le saut, lui a encore un peu de rattrapage à faire par rapport à cette idée. Le couple n’a pas d’enfants et aucun membre de la famille vivant à proximité. Une autre possibilité envisagée est leur séparation.

J’ai affaire à ces grandes questions régulièrement et, à travers nos conversations, nous explorons les différentes options possibles et développons un plan d’attaque. Dans ce cas particulier, la grande différence pour moi est qu’aucun enfant n’est impliqué dans le processus. Très souvent, avant même que j’intervienne, des discussions ont déjà eu lieu entre les différents membres de la famille : certains encouragent certaines décisions, poussent les choix dans telle ou telle direction. En discutant avec ce couple, j’ai observé un type de questionnement que je ne rencontre pas souvent. J’ai vraiment apprécié mon parcours avec eux. Sans doute parce qu’ils se sentent tout à fait à l’aise avec moi, ils me font fait part de toute une gamme de sentiments qu’ils éprouvent : des frustrations, de l’insécurité, de la force, de la détermination, des désaccords, de l’amour, du désespoir, de l’impuissance, des désirs, une soif d’aventure. C’est passionnant et je me sens très bien dans mon rôle : pas une seule minute j’ai l’impression de travailler. Ils m’aident à voir ce qu’est la vie et, dans un sens, ils me « coachent » à leur tour.

Pour ce couple, il n’y a personne pour créer une zone tampon ou pour les aider à confronter leurs idées. Au fur et à mesure que la vie avance, la grande question qui est de savoir « qu’est-ce qu’on fait ensuite » devient de plus en plus chargée d’émotions  car elle suppose regarder des rêves que l’on n’a pas réalisés mais qui sont toujours accessibles, faire face à des conflits entre deux individus, des désirs personnels et la peur de l’inconnu. Cette étape est un vrai défi quand il faut aider une seule personne. Ce défi est encore plus grand quand il s’agit d’un couple à cause des différents désirs de chacun et des compromis que cela implique. Ce couple m’a permis de me rendre compte que la présence ou non d’enfants joue un très grand rôle dans mon métier.

Quand le moment vient de prendre des décisions importantes, nous avons tous besoin de quelqu’un pour « tester » nos idées et pour nous aider à verbaliser nos questions. Plus que jamais, ce couple sans enfants m’a fait prendre conscience de l’importance pour les personnes âgées d’entendre un autre son de cloche provenant d’une personne extérieure et de pouvoir dire vraiment ce qu’elles ressentent sans craindre d’être jugées. Il s’agit bien sûr d’un des derniers chapitres de leur vie, mais il ne faut jamais oublier que ce chapitre est toujours rempli de vie, de désir d’aventure et d’épanouissement.