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Ah! le bon café que j’ai bu au Portugal! Ma mère qui ne se sentait pas bien au spectacle. Chanceuse encore à 43 ans d’avoir toujours mes parents vivant! L’autre jour dans la douche, toutes ces pensées tournoyaient dans ma tête.

Voici le contexte de mon café portugais : durant une marche d’exploration à Lisbonne, nous nous sommes arrêtés dans un Café, j’ai commandé « um meia de leite » (café au lait) dans cette langue que je connais à peine,  et j’ai savouré l’un des meilleurs cafés que j’ai bu à ce jour.  Mon chum m’a dit que c’est toujours meilleur quand quelqu’un le prépare pour nous.  Je suis en partie d’accord. La température était bonne, la saveur sublime, l’équilibre entre café/lait/mousse superbe, le bol parfait. L’ambiance, l’atmosphère, la compagnie et le dépaysement ont aussi contribué à mon appréciation. Et je sais aussi tout le savoir-faire requis derrière cette tasse de café : qualité et rôtissage des grains, mouture, machine à café…  

Au retour du voyage,  j’ai assisté à un spectacle avec mes parentes. Ma mère a dû quitter la salle subitement, pour aller vomir dans la toilette, je l’ai accompagnée. Cette situation était inhabituelle pour moi et gênante pour elle.

Quelques jours plus tard, en prenant une douche après avoir fait un suivi auprès de ma mère pour m’assurer que tout allait mieux, je me suis trouvée chanceuse en me disant que lorsque l’on est enfant les parents prennent soin tout naturellement sans que l’enfant n’ait aucunement à verbaliser ses besoins.

Les pensées qui me sont venues alors : Pourquoi est-ce que ma mère ne discute pas de ses problèmes ? Pourquoi est-ce si difficile de demander de l’aide? Est-ce que je demande de l’aide quand j’en ai de besoin (pas sûr)? Quand j’étais enfant, je recevais les soins exactement comme j’avais besoin (ma mère du côté physique et mon père du côté émotionnel) sans même le demander avec des mots. Tous deux m’offraient la solution réconfortante  adéquate –  mes parents identifiaient instinctivement mes besoins et y répondaient tout naturellement.  

Ces pensées  m’ont amenée à approfondir l’idée qu’enfant les parents viennent instinctivement vers nous pour nous offrir les soins et le réconfort requis, bien que chaque enfant ne reçoive pas les mêmes soins, ni le même encadrement bien cousiné pour retrouver son équilibre.

Après en grandissant et en progressant dans la vie, nous revendiquons notre indépendance pour trouver nos propres solutions et répondre par nous-mêmes à nos besoins  et pour créer  nos « cousins » pour retomber.

Quand vient le temps d’avoir besoin de soins personnels intimes (à cause de la maladie ou d’une perte d’autonomie), je ne suis pas certaine que nous avons vraiment appris à demander de l’aide à chaque étape de notre vie.

J’apprécie certaines choses de certaines façons sans même être capable souvent de le mettre en mots ou d’avoir à le formuler en pensant comme une enfant que la personne à qui je m’adresse sait naturellement ce que je veux et ce que je désire, instinctivement.

Quand je ne me sens pas bien, cela est encore plus difficile à mettre en mots. Au Portugal, je n’aurais pas su dire exactement comment j’aime avoir mon café, mais on me l’a servi à ma grande satisfaction comme par magie, la seule chose que j’ai eu à faire a été de formuler une courte phrase pratiquée en portugais.

Ce moment de grâce m’a fait réaliser que quand vient le temps d’un besoin d’assistance personnelle et de soins intimes là réside peut-être le grand défi, pour nombre d’aînés et leurs enfants, d’apprendre à dire en mots, à formuler, à verbaliser les besoins comme ils se doivent, tout naturellement.

C’est tellement enrichissant et réconfortant quand quelqu’un reconnait nos besoins et y répond sans qu’on le demande ou qu’on le formule. C’est rare. La magie du bon café n’opère pas toujours.