Covid-19 : Nous sommes toujours là pour vous servir.

Pouvez-vous nous aider à créer une vague de changement, une personne à la fois ?

Notre passion est de venir en aide aux aînés. Depuis plus de 21 ans, nous travaillons auprès des aînés et de leurs familles lorsque leur maison n’est plus adaptée à leur mobilité et/ou à leurs capacités cognitives. Lorsque leur vie se trouve affectée par ces changements, nous guidons nos clients à travers la multitude de solutions qui s’offrent à eux, que ce soit l’adaptation de leur milieu de vie ou leur relogement.

Notre approche s’est affinée au cours des années pour se consacrer plus précisément aux personnes âgées lorsque celles-ci sont confrontées à un changement au niveau de leur autonomie. Nous œuvrons alors à les aider à améliorer leur sécurité, à maintenir leur autonomie autant que possible et à encourager leurs interactions sociales afin qu’elles demeurent impliquées dans la vie active de tous les jours. Lorsque l’équilibre de leur vie est rompu, les personnes âgées et les membres de leur famille ne savent pas vraiment comment en parler ni trop quoi faire et finissent habituellement par éviter le sujet jusqu’à ce qu’une crise survienne et qu’ils ne puissent plus faire autrement. Ces conversations sont si délicates et si pénibles. Plus le temps passe, plus il devient pratique de faire comme si de rien n’était.

Les personnes âgées et le vieillissement sont deux sujets entourés de plein de tabous… Ajoutez-y un changement d’autonomie plus ou moins rapide et vous vous retrouvez avec bien plus qu’une discussion étouffée.

Marie-Claude Giguère

En faisant semblant de ne rien voir, le problème continue d’enfler jusqu’à ce que les personnes qui nous sont les plus précieuses – nos parents qui vieillissent ou les personnes âgées – se retirent. Elles se retirent dans leurs maisons, se retirent de leurs engagements communautaires et commencent souvent à s’isoler plutôt que de maintenir une vie active.

Au cours de toutes ces années passées à aider les personnes âgées à se reloger ou à adapter leur maison quand elles font face à un changement d’autonomie, nous avons porté attention aux émotions, aux mots, aux approches, aux attitudes et à leurs effets sur cette étape de la vie. Notre expérience sur le terrain nous a mené à prêter une attention encore plus grande aux mots et au langage utilisés dans le « monde des personnes âgées » ainsi qu’à l’impact qu’ils produisent.

Aujourd’hui, l’une de nos missions est de lancer un mouvement où le dialogue jouera un rôle-clé. Les mots que nous utilisons autour des personnes âgées ont un pouvoir. Trouvons ensemble les mots justes qui leur donneront toute la place et le respect qui leur reviennent.

Les personnes âgées nous tiennent à cœur et nous voulons leur offrir ce que nous avons de mieux.

Notre population est vieillissante. Que vous soyez un professionnel qui travaille auprès des aînés ou que vous soyez le fils, la fille, le voisin ou l’ami d’une personne âgée, nous voulons vous aider. Si vous ne savez pas comment entamer une conversation au sujet du vieillissement, nous espérons que vous trouverez ici les conseils essentiels qui vous permettront d’aborder ce sujet et de ne plus fuir tous ceux qui l’entourent.

Nos efforts se concentrent sur la période délicate où une personne âgée fait face à un changement au niveau de son autonomie venant bouleverser les activités de sa vie quotidienne et entraînant de plus en plus d’inquiétudes de toutes parts.

  • Comment puis-je aider ma mère ? Elle est tellement têtue et elle ne me laisse rien faire.
  • À qui puis-je parler des différentes solutions qui existent pour faire en sorte que mes parents soient plus en sécurité chez eux ?
  • Comment puis-je trouver une résidence qui convienne à mes parents ?
  • Ouache. Je n’accepterai jamais qu’on me mette dans une résidence. Vous allez devoir me sortir d’ici les pieds devant !

Toute cette tristesse, cette peur, cette culpabilité ; toutes ces émotions intenses et cette impression d’être submergé proviennent du fait que nous appréhendons d’avoir cette conversation. Tellement de choses sont enracinées dans notre langage et notre façon d’aborder le vieillissement. Giguère, une ardente défenseure des personnes âgées et la fondatrice de Services d’Aide aux Aînés, a récemment publié un livre illustré pour enfants intitulé La Place de Mamie afin de traiter le sujet et faire appel à un changement.

Pourquoi un livre pour enfants pour livrer un tel message, vous demandez-vous ?

Depuis qu’ils sont tout petits, ses propres enfants ont observé leur mère bâtir son entreprise ainsi que la façon dont elle parle des personnes âgées et comment elle s’adresse à eux. Un soir, ils ont été témoins d’une conversation à table entre quatre personnes âgées. L’une d’elles racontait qu’un de ses amis avait été placé dans un centre d’hébergement de soins de longue durée. Ses deux enfants se sont alors mêlés à la conversation pour dire : « Ce n’est  pas qu’il a été placé ou mis quelque part ». Toutes les personnes âgées assises à table ont sursauté et demandé aux enfants ce qu’ils voulaient dire exactement. Leur réponse a été : « C’est plutôt qu’il a déménagé là-bas pour avoir les soins qu’il lui faut ».

Sans rien dire, Marie-Claude a laissé la conversation se dérouler tout naturellement. Elle appréciait de voir que ses enfants n’avaient pas peur de dire ce qu’ils pensent. À ce moment-là, ils avaient 11 et 13 ans. Bien assise sur sa chaise, elle se rendait compte que les mots « mettre » ou « placer » quelqu’un dans une résidence pour personnes âgées frappaient l’esprit des enfants qui n’avaient pas encore été « pollués » par l’expression si couramment utilisée.

Ce livre pour enfants – La Place de Mamie – a été conçu pour être partagé avec un adulte. Il permet de toucher deux générations à la fois dans l’espoir d’engager des conversations au sujet du vieillissement sous un angle plus positif.

Et ceux qui n’ont pas d’enfants ou dont les enfants sont adultes ? Consciente du fait que le vieillissement n’est pas le sujet le plus sexy au monde et que peu de gens souhaitent en parler, des images charmantes et attrayantes accompagnent le livre. Les illustrations ont été conçues de façon à pouvoir être utilisées indépendamment du livre. Le projet initial était de créer une exposition ambulante des œuvres afin de faire venir à elles de façon originale les gens de toutes les couches de la société et de leur faire voir de nouvelles alternatives plus positives.

Les versions papier et audio du livre ainsi que la galerie d’art virtuelle se présentent comme des outils visant à captiver de façon ludique la plus grande audience qui soit.

Au beau milieu de sa lecture de La Place de Mamie, un petit garçon de 8 ans a demandé à Marie-Claude pourquoi elle avait écrit ce livre. Surprise par la question de l’enfant, voici ce qu’elle lui a répondu : « Bonne question ! Je crois que c’est parce que peu importe que tu aies besoin d’une canne ou d’une marchette ou que tu aies tendance à oublier des choses, et que peu importe que tu sois vieux ou jeune, je dois t’apprécier exactement comme tu es, même si tu as besoin d’un plus d’aide. Et parce que je crois que lorsque je te parle, il faut que j’utilise des mots gentils ».

« Je vois ce que tu veux dire. J’aime ça », a répondu le garçon.

Le vieillissement : le pouvoir de nos mots est au cœur même de La Place de Mamie, de l’exposition virtuelle et du message qu’ils portent.

Des années et des années de travail se résument ici en 7 petits mots.

Nos mots façonnent nos pensées, nos réactions et nos actions. Giguère s’est penchée sur tout ce qui entraîne une culpabilité excessive, tout ce qui empêchent les conversations d’avoir lieu, toutes les situations où les esprits s’échauffent.  Elle s’est intéressée aux approches employées par les familles, les personnes âgées et les professionnels du milieu lorsque vient le moment de parler d’adapter la maison d’un aîné ou d’évoquer l’éventualité d’un déménagement.

Voici quelques exemples de phrases fréquemment entendues lorsqu’une personne âgée fait face à un changement au niveau de son autonomie et qu’il lui est conseillé d’améliorer son quotidien, son environnement physique et/ou lorsqu’il lui est suggéré d’avoir recours à de l’aide pour effectuer des tâches avec lesquelles elle a de la difficulté – tout cela pour sa propre sécurité.

  • Eh bien, on va t’obliger.
  • Ouais, on a poussé Maman à faire un move.
  • Il n’a pas le choix : il faut qu’il fasse quelque chose.
  • Mes enfants veulent me placer dans une résidence.
  • Retourner à la maison n’est pas une option : ce n’est pas assez sécuritaire pour vous. On va donc remplir une Demande de placement.
  • Nous avons mis nos parents dans cette nouvelle résidence. 

Et si on prenait toutes ces phrases et commentaires et qu’on les modifiait, ne serait-ce qu’un tout petit peu ? Comment trouvez-vous qu’elles sonnent maintenant ?

  • Eh bien, on va te soutenir/t’encourager.
  • Ouais, on a appuyé Maman dans ses initiatives.
  • Il y a tellement d’options qui s’offrent à lui : il va trouver une solution qui va l’aider.
  • Mes enfants aimeraient que je déménage car ils sont inquiets pour ma sécurité.
  • Retourner à la maison n’est pas la meilleure option pour vous aujourd’hui. On va donc remplir un Formulaire de besoins actuels.
  • Nos parents vivent dans cette nouvelle résidence. 

La différence est énorme. La première série de phrases est remplie d’intimidation, d’obligation et de sentiment de rejet. Tous ces commentaires (et bien d’autres encore !) ont été entendus au sein de familles bien réelles, certaines mêmes où l’amour est très fort et où il définit le lien entre chaque membre.

Un léger changement dans la formulation d’une phrase présente une approche plus positive et invite à la discussion et à l’exploration de diverses possibilités. Il n’est absolument pas question ici d’envelopper ou de maquiller la réalité dans le but de « faire passer la pilule ». Au contraire, il s’agit d’aborder le sujet du vieillissement dans toute sa complexité et d’inviter les gens à ne plus l’aborder uniquement de façon négative. Notre expérience à Services d’Aide aux Aînés nous a appris qu’en modifiant légèrement notre langage, les conversations au sujet du vieillissement deviennent beaucoup plus plaisantes et constructives et contribuent à réduire le stress qui entoure un changement d’autonomie.

À travers toutes les étapes du déménagement ou du relogement, du tri, de l’embauche d’une aide et au cours du processus d’adaptation à leurs nouvelles réalités et à leurs besoins actuels, aidons nos Mamies et nos Papis à se sentir heureux et en sécurité à un endroit où ils peuvent se sentir « chez eux ».

Nos mots ont le pouvoir d’engager une conversation tout comme ils peuvent la refermer brusquement. Pour une personne âgée qui est déstabilisée par un changement dans son autonomie, quelques mots simples peuvent faire toute la différence.

Parlons avec notre cœur quand il est question du vieillissement.

Que pouvez-vous faire aujourd’hui?

Pouvons-nous vous demander de partager ce message afin que, une personne à la fois, nous parvenions à changer les mots que nous utilisons au sujet des personnes âgées et puissions ainsi leur offrir tout le respect qu’ils méritent ?

#PouvoirDeNosMots